Hervé Bizeul, fées et gestes

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Faut-il encore présenter Hervé Bizeul et son Clos des Fées ? Oui, certainement. L’homme sait allier franchise et finesse – ressemblerait-il à ses vins ? En à peine 12 ans, il a en tout cas réussi à élever son domaine de Vingrau (Roussillon) au rang de grand et su créer des vins qui font l’unanimité ou presque. On a tenté de lui poser quelques questions inédites, voire tordues, histoire de le malmener un peu, à peine – entre deux tressages de lauriers ?

VindicateurLe Domaine du Clos des Fées existe depuis 1998 ; vous êtes parti de pas grand-chose et êtes vite arrivé très haut, mais vos conceptions et votre travail ont-ils évolué depuis ce premier millésime ? Ou êtes-vous resté fidèle à l’idée que vous vous faisiez du métier de vigneron avant de l’exercer ?

 

Hervé Bizeul : Je n’avais aucune formation de vigneron quand je me suis lancé. Si j’en avais eu une, je pense que je ne l’aurais pas fait. C’est pour moi très clair. J’ai une grande admiration pour ceux qui se lancent maintenant, mais la plus grande est pour les jeunes de 30 ans avec une expérience : ils savent à quoi s’attendre et ils le font quand même. Chapeau. Car le métier est dur, on le sait, mais aussi d’une complexité folle, ce qui augmente les défis et diminue les plaisirs. C’est l’époque qui veut ça.

 

De plus, le métier évolue très vite, de plus en plus vite, comme notre société. Il faut essayer de  »voir » à dix ans, de prédire un avenir mouvant et incertain – ce qui n’est pas facile – sous peine d’être dépassé très vite. Ma différence vient du fait que je suis avant tout un buveur, un amateur de vin à la recherche de moments de plaisir, du plus quotidien au plus exceptionnel et rare. En cela, ma volonté d’essayer de faire des vins qui donnent du plaisir, voire de l’émotion, en tout cas des sensations, est intact. La réalité, le quotidien, oblige à tenir compte d’une foule de paramètres qui rendent parfois la tenue du cap difficile. Mais l’objectif d’excellence est là, plus que jamais, en partie atteint seulement. Il me reste une bonne quinzaine d’années pour y arriver. Le désir de faire des bons vins, des grands vins qui sait, est toujours très fort, même si le chemin est plus difficile et moins serein que je ne l’imaginais. Dans la réalité, le romantisme n’a pas de place. Alors qu’il est essentiel lorsqu’on est buveur…

 

Pour répondre à la question, pour le  »métier », j’ai une tolérance, que je n’avais pas lorsque je jugeais, pour ceux qui essayent avec sincérité, et plus aucune pitié pour ceux qui font semblant ou mentent.

 

 

VindicateurVous publiez de longs articles et récits sur votre blog, vous réagissez d’égal à égal sur les forums d’amateurs de vin, vous participez au blog du Grand Jury Européen, vous êtes peut-être même sur Twitter ? Mais que mettez-vous derrière ces nouvelles formes d’échanges ? Y a-t-il une volonté de votre part de requalifier le rapport vigneron/consommateur ou encore le rapport professionnel/amateur ? Est-ce surtout lié à Internet par lequel toute forme de communication doit peut-être désormais passer ? Etes-vous simplement un geek, fou de Net et de nouvelles technologies ?

 

Hervé Bizeul : Je n’ai rien d’un geek. J’ai juste la chance d’avoir appris à taper à la machine à l’école et d’avoir acheté un Mac il y a vingt-cinq ans. Du coup, j’ai découvert le formidable outil qu’était un ordinateur et j’ai vu peu à peu le réseau internet s’installer. Je ne comprends rien à Twitter, ni à son fonctionnement, ni à son utilité (encore que je commence à voir des pistes). J’ai beaucoup de mal avec Facebook qui me semble, pour l’instant, chronophage et peu constructif car peu sélectif. Peut-être pour donner des informations pratiques. Et je suis très mauvais avec les SMS, comme tous ceux de ma génération. Je crois néanmoins à la liberté que donne la connaissance. Alors, je participe.

 

Mais la notion de réseau de passionnés me semble être une vraie bonne idée et un vrai progrès, ne serait-ce que pour briser l’isolement du vigneron, lié à sa situation agricole et à la nature elle-même, celle-ci forçant l’homme qui tente de l’apprivoiser à évoluer au rythme des saisons qui n’est pas le rythme urbain ou social. J’interviens dans un forum de passionnés, LPV, parce qu’il est remarquablement  »modéré », pour donner des informations, de celles dont j’aurais aimé disposer quand j’ai démarré ma passion du vin, il y a trente ans. Cela m’aurait fait gagner bien du temps. Je trouve, aussi, nouveau et légitime d’assumer publiquement mes vins, de répondre aux questions d’accord mets-vins ou de garde mais aussi connaître et assumer les problèmes éventuels et tenter de leur trouver des solutions. C’est un outil formidable. La formation, la pédagogie, cela manque terriblement à tous ceux qui tombent un jour amoureux d’un verre de vin et ne savent comment dérouler le film d’une nouvelle passion.

 

Le blog, c’est autre chose. C’est un moyen d’expliquer, de transmettre, d’apprendre. Ca nous donne une formidable proximité, presque une intimité avec les  »amis de la propriété », qu’ils soient ou non clients. C’est une  »fenêtre sur vignoble » 😉 d’où l’on peut avoir un regard sur les espérances, le travail, le quotidien d’un vigneron, à un moment donné. Lorsque l’on rencontre par la suite des lecteurs, le contact est totalement différent, bienveillant. Je regrette qu’il n’y ait pas plus de blogs de vignerons, différents du mien, mais tout aussi intéressants. J’ai du mal à comprendre pourquoi si peu de domaines ou de vignerons en font. Ca me coûte un peu de temps et quelques euros par an. Mais cela m’apporte beaucoup. De plus, j’y garde une liberté presque totale (je me modère volontairement, parfois, mais pas souvent) et tente de montrer, par de petites histoires plutôt que par des cours magistraux, ma vision du vin. Je pense que c’est comme cela que l’on apprend le mieux et le plus.

 

VindicateurPour rebondir sur le thème de la folie, est-ce que ce n’est pas un peu schizophrénique d’être ainsi à la fois paysan (un terme que vous revendiquez) et geek ? de mélanger comme vous le faites la terre et les pixels ?

 

Hervé Bizeul : Euh, je crois que vous avez une idée un peu rétrograde du  »paysan ». On en est plus à l’Angélus de Millet 😉 Je gère une entreprise qui exporte dans 25 pays, malgré son aspect artisanal, avec des contraintes propres à chaque pays. J’ai tous les jours besoin de mon ordinateur car tout est peu à peu dématérialisé : la douane, les factures, les contrats, la banque, la traçabilité, la comptabilité, les photos, les fiches techniques, les messages, les demandes et les réponses. On ne reçoit pratiquement plus de fax et sans doute dix fois moins de courrier qu’il y a dix ans. Ne pas savoir se servir d’un ordinateur, pour un vigneron, aujourd’hui, je pense que c’est impossible. Ou alors il faut qu’il hérite d’une grosse entreprise où il pourra déléguer tout ça. La plupart d’entre nous travaillent en petit comité ou en famille ou seul ; donc, il faut le faire.

 

La difficulté, c’est peut-être de toujours savoir qu’on est sur le fil du rasoir, de séparer sa vie de son travail. Je travaille avec mon épouse. On vit au dessus du garage où je vinifie. C’est mercredi, mes enfants jouent autour de moi. Un client peut arriver. Je peux éprouver une joie ou vivre un problème, il faut faire la part du personnel et du professionnel, savoir trier, mettre des limites et des filtres. On demande beaucoup au vigneron, plus qu’à tout autre artisan. Certains ne s’en rendent pas compte au départ. Il faut aimer la terre, la vigne, le vin, mais aussi les être humains en général et pas seulement les clients…

 

VindicateurVous avez un rapport particulier au Bio et à la Biodynamie, vous expliquez pratiquer une viticulture  »raisonnée extrême » en limitant les intrants (qu’ils soient de synthèse ou bio d’ailleurs) mais en ne vous les interdisant pas lorsque c’est nécessaire ; croyez-vous cependant que quiconque pourra arrêter l’inexorable marche du Bio labellisé, qui séduit aujourd’hui si largement, jusqu’au grand public, jusqu’aux grandes surfaces qui surfent sur la tendance ?

 

Hervé Bizeul : J’ai avant tout un rapport particulier avec l’administration, cette pieuvre qui accouche de trucs vraiment bizarres parfois, si loin de la réalité. J’ai du mal quand on met des normes sur une pratique quelconque et qu’on a du coup un  »label » qui tend à prouver que la pratique est efficace ou bonne pour l’être humain ou l’environnement. C’est un peu comme s’il y avait un label de  »bon croyant » ou de  »bon pratiquant », dont les règles seraient faites par les créateurs d’une religion, donneraient droit à un  »passeport » qui ferait dire à ceux qui le voient : ce Dieu existe. Hum. J’ai du mal avec le préalable qui veut que tout ce que la chimie crée soit mauvais, même si je suis bien sûr conscient que la chimie crée un paquet de saloperies. Et j’ai du mal avec les bio de  »circonstances », qui convertis de fraîche date, font du business parce qu’il est porteur, fort différent par exemple avec certains de mes amis qui en font depuis vingt ans.

 

Il faut réduire les intrants en général, c’est certain. Je suis d’avantage pour que tout le monde réduise ses achats de 30 % (on a déjà réduit de 30 % en dix ans, la viticulture en général) qu’un minuscule pourcentage s’en passe totalement. Quand au bio labellisé, je ne le vois pas vraiment progresser sur les entrées de gamme où il aura du mal à s’implanter, à cause des coûts et des faibles rendements, sauf à se développer sur des terroirs de plaine, facile à cultiver. J’ai des avis un peu tranchés sur la question : par exemple, plus que  »votre vin est-il bio ? », il me semble essentiel de demander au vigneron:  »labourez-vous les vignes ? ». C’est par là que tout commence. C’est un premier pas essentiel, fondateur, d’où tout le reste peut se mettre en place, au rythme de chacun.

 

VindicateurPour en revenir à vos vins, vous avez au détour d’un forum expliqué que vous aimiez et recherchiez la tension :  »un peu comme une danseuse classique, vous savez, le port de tête » ; pourriez-vous développer cette notion de tension telle que vous la concevez ?

 

Hervé Bizeul : C’est très complexe à définir. Il faudrait le faire un verre à la main. Disons qu’on peut avoir des vins à 12°, légers, très  »mous » et des vins à 16°, très concentrés, très  »tendus ». C’est une question de rendements, qui doivent être faibles, d’enracinement, de travail des sols, un peu de vinification. Mais à ressentir, quand les deux sont côte-à-côte, c’est évident, même pour débutant. Un des vins va se boire, avoir de plus sur notre organisme un effet relaxant et amical, être digeste ; l’autre va rendre agressif ou endormir. On ne peut pas tout expliquer par des mots. A un moment, il faut avoir un verre à la main 😉

 

VindicateurUn dégustateur, goûtant un jour un vin du domaine Jacques-Frédéric Mugnier en compagnie du vigneron, a lâché cette phrase :  »Votre vin me fait penser à une danseuse gitane… » ; est-ce que vous aimeriez qu’on dise de vos vins qu’ils font penser à une danseuse de flamenco ? Au-delà, est-ce qu’un commentaire de dégustation doit, selon vous, être imagé, quasi-poétique, ou d’abord technique, plus précis mais peut-être moins passionné ?

 

Hervé Bizeul : Je préférerais qu’on compare un de mes vins à Audrey Hepburn ;-). Mais je pense qu’ils sont un peu trop tanniques, ronds et concentrés pour cela ;-). Gina Lollobrigida, j’ai peut-être des chances 😉 Et puis j’aime bien Gina, elle m’a beaucoup fait rêver, aussi 😉 Sur le commentaire de dégustation, je pense qu’on mélange un peu tout. Le vocabulaire technique est fait pour les techniciens qui doivent échanger des informations les plus précises possibles afin de prendre des décisions techniques, ou échanger des informations historiques qui informent sur un  »pourquoi » que je qualifierai de  »scientifique ». Ce vocabulaire, cette normalisation a été créée pour cela dans les années 70, par des ingénieurs. Le grand public, l’amateur, ne s’est emparé de ce vocabulaire, froid et descriptif, que très récemment, tentant de sortir de son rôle et de son plaisir, qui est de prendre une position partiale basée sur un ressenti (j’aime, j’aime pas, j’adore, je déteste, j’adhère, je ne comprend pas, je m’éclate, etc.). En voulant devenir descriptif et précis, il sort d’un univers poétique et imagé qui, pour ma part, me manque. Je pense que je ne suis pas le seul. Les forums ont sur ce point un effet positif, chacun se sentant plus libre, peu à peu, d’exprimer des sensations, en expérimentant combien vouloir se prendre pour un pro est stérile. Arbitre des élégances, oui. Juge des détentions et des libertés, non.

 

VindicateurIl semble que vous recherchiez une forme de reconnaissance et d’estime du grand public, est-ce de l’orgueil – vous êtes un homme après tout – ou est-ce pour votre région, pour prouver une fois pour toutes qu’on y fait de Grands Vins ? Un peu des deux ? 

 

Hervé Bizeul : C’est une question curieuse. Je ne cherche pas la reconnaissance pour moi mais la reconnaissance pour mon terroir et pour mon vin. Un, parce que je pense qu’ils le valent bien. Deux, parce que j’ai une entreprise qui doit vendre son vin pour pouvoir payer ses salariés, me permettre de vivre de mon travail et continuer ma course vers l’excellence. Je ne supporte pas l’injustice – sans doute en partie de mon histoire familiale – qui donne tout à certains, sous prétexte qu’ils étaient là avant les autres, et rien aux autres, qui entament le chemin. Alors, oui, je pense que Vingrau est un grand terroir argilo-calcaire où, bien que l’on soit perdu dans les montagnes du Roussillon, on a le droit d’essayer de faire des grands vins de garde et de prouver sa valeur. Le temps et les amateurs diront si c’était une lubie ou si j’étais visionnaire. Un bon résumé, c’est le mot anglais expectation, qui mélange espérances et attentes légitimes, liées au talent inné, au travail ou à la chance.

 

Vindicateur »De battre mon cœur s’est arrêté », un nom de cuvée qui est d’abord celui d’un film ; allez-vous créer d’autres cuvées nommées suivant des films qui vous ont marqué ? Jacques Audiard, le réalisateur du film en question, est-il par hasard entré en contact avec vous depuis que vous avez fait ce vin ?

 

Hervé Bizeul : C’est avant tout une phrase d’une chanson de Jacques Dutronc :  »La fille du père noël ». J’aime cette phrase non à cause de la chanson ou du film en eux-mêmes, mais pour ce qu’elle évoque : un moment intense d’émotion. C’est cette émotion, devant une parcelle de vigne, que j’ai cherché à retranscrire. La cuvée m’en donne beaucoup, d’ailleurs, des émotions, et pas toujours celle que j’espérai 😉 C’est une cuvée confidentielle, je doute que Jacques Audiard en ait entendu parler. Nous avons depuis sorti quelques bouteilles de Cabernet-Franc qui s’appellent  »Un Faune avec son Fifre sous les Oliviers Sauvages ». Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien. Mon rôle d’artisan est de tenter de faire le meilleur vin possible chaque année avec une  »constante » de goût si possible et c’est l’objectif au Clos des Fées. J’ai sans doute besoin, à côté, d’un espace de liberté totale. Je me l’accorde avec ces petites cuvées qui ont le droit, ce qui est rare dans le monde du vin actuel, d’assumer leurs différences. Au fait, j’ai trouvé le film magnifique mais très dur. La rédemption par la musique… Est-elle possible par le vin ?

 

VindicateurReste-t-il encore une chose, une seule, qu’on n’ait pas déjà dite sur  »La Petite Sibérie » ?

Hervé Bizeul : L’immense majorité de ceux qui l’ont acheté l’ont goûté avant. Cela fait pour moi une immense différence. 15 % de la production est consacré à cela, je sais, c’est fou. Mais je ferai en sorte que cela dure le plus longtemps possible. Les vins cultes doivent rester goûtables – et donc critiquables – même (surtout) par ceux qui n’ont pas les moyens de se les offrir.

 

 

VindicateurLa belle Aurélia de Busurleweb a récemment goûté vos Sorcières et eu ce commentaire :  »C’est l’fun ! ». Mais pourquoi les appeler Sorcières d’abord ?

 

Hervé Bizeul : On était dans les Fées, dans la magie de certains vins, mystérieuse ; on voulait un vin de soif, plus abordable dans tous les sens du terme. On a pensé au nom, l’étiquette s’est immédiatement imposée dans notre esprit, joyeuse, ne se prenant pas au sérieux, disant :  »Tiens, ce drôle de vin, je vais le comprendre. » On a demandé à nos amis alsaciens de Dopff, ils on dit OK. [Dopff et Irion produit une cuvée de Gewurztraminer appelée  »Les Sorcières » – NdlR.] C’était parti… J’avoue, puisqu’on est dans les confidences, que préado, le charme simple et pétillant d’Elizabeth Montgomery me faisait craquer dans  »Ma sorcière bien aimé » 😉 C’était parfait…

 

 

VindicateurVous avez fait une promenade dans le Bordelais à l’occasion de la semaine des  »primeurs » (dégustation des vins à peine éclos du millésime 2009), lâchez-nous s’il vous plaît 3 ou 5 vins qu’il faudra impérativement acheter/goûter selon vous ?

 

Hervé Bizeul : Godeau, Valandraud, Girolate, Pontet-Canet (le seul cru classé que j’achèterai sans doute cette année, rapport prix/qualité/prestige encore possible), Tour de Mirambeau (abordable pour une qualité incroyable), Tertre-Daugay (si ca ne sort pas trop cher), le nouveau Côtes de Castillon de Denis Durantou (L’Église Clinet) super abordable, et sans doute un peu de Doisy-Daëne. Mais bon, je n’ai pas goûté grand chose de la rive gauche, hein.

 

Vindicateur S’il devait rester un seul vin au Clos des Fées, à cause d’un cataclysme asséchant, un truc terrible, quelle bouteille voudriez-vous sauver ?

 

Hervé Bizeul : Hum… Allez, la petite Sibérie 2001. Ce vin a tout les défauts du monde, du sucre résiduel, du CO2 qui oblige à un cérémonial de service insensé (secouage énergique, attente), mais je n’en ferai jamais un autre comme cela et le vin est inoubliable. Je me souviens, étrangement, très précisément de tout ce qui le concerne : vendange, écoulage, élevage, réactions… Le souvenir est comme gravé dans ma tête, aussi fort que les naissances de mes enfants. C’est très mystérieux.

 

 

Suivez Hervé Bizeul sur son blog et le Clos des Fées sur son site.

 

 

Propos recueillis par Antonin Iommi-Amunategui

© Vindicateur, 04/2010