Le manque de volonté à manger est l’une des cinq plaintes les plus fréquentes aux stades les plus avancés du cancer. La perte d’appétit dans les stades avancés de la maladie a des implications importantes sur le pronostic et la qualité de vie.

Dans une étude menée par le North Central Cancer Treatment Group aux États-Unis, à laquelle ont participé 1 115 personnes atteintes d’un cancer de l’intestin et du poumon, l’incapacité à se nourrir était clairement associée à des maladies plus agressives et plus avancées et à des vies plus courtes.

En plus d’être un facteur de pronostic pertinent, la perte d’appétit est une source permanente de tensions familiales. Lorsque le patient refuse de se nourrir de n’importe quel aliment et qui provoque des désaccords au niveau de la famille, la traitement et guérison deviennent plus difficiles. Force est don de trouver quelle solution pour stimuler l’appétit.

Dans ces situations, une multitude de suggestions et de recettes infaillibles se présentent pour sortir de l’impasse. La prescription de vitamines est de loin la plus adoptée. Sur le marché, on trouve d’innombrables complexes vitaminés de compositions les plus variées, nationaux ou importés, pour répondre à tous les goûts.

Bien que la diversité de ces préparations soit immense, en termes de stimulation de l’appétit, elles ont toutes un point commun : elles sont inutiles ! Il n’y a jamais eu d’étude scientifique digne de ce nom capable de démontrer que les vitamines ont la propriété d’augmenter l’appétit et la masse corporelle de quiconque.

En cancérologie, seules deux stratégies ont démontré une certaine efficacité dans ce domaine : l’utilisation de dérivés de la cortisone et l’hormone progestérone. Malgré cela, les deux ont des résultats très modestes.

Compte tenu de la précarité des solutions que peut offrir la médecine, les principales associations médicales de la région recommandent généralement : “Tant que votre médecin ne voit aucune contre-indication, vous pouvez prendre un verre de vin avant les repas” car il est déjà prouvé que le vin stimule l’envie de manger. A noter qu’un vin rouge peut bien faire l’affaire, aussi bien qu’un vin blanc. Il ne suffit donc que faire appel a ce fameux verre vin.

Théoriquement, la recommandation semble avoir fait sens : la coutume de l’apéritif avant les repas est millénaire. En outre, la consommation régulière d’alcool bière est associée à une augmentation du poids corporel, ce qui laisse supposer un effet positif sur l’appétit. Pourquoi cet effet stimulant appétit?

Une revue exhaustive a été effectuée de la littérature afin d’évaluer s’il existe des preuves scientifiques que le vin peut augmenter la volonté de manger, chez les personnes atteintes d’un cancer avancé. Pour analyser la relation entre la prise de poids et la consommation de boissons alcoolisées, les auteurs ont commencé par passer en revue les principales études épidémiologiques menées dans le monde, telles que l’étude de suivi des professionnels de la santé, qui suit 138 031 hommes, l’étude sur la santé des infirmières II, qui comprend 49 324 femmes, entre autres.

Ces études, qui impliquent plus de 360 000 participants suivis pendant plusieurs années, ont révélé une association directe entre la consommation d’alcool, un apport calorique plus élevé et la prise de poids.

Il est intéressant de noter que l’analyse a montré que chez les buveurs de vin, la prise de poids ne peut pas s’expliquer uniquement par les calories qu’il contient. Ce phénomène est la conséquence du fait qu’il n’y a pas de réduction de la quantité de calories ingérées dans le repas, pour compenser celles du vin, c’est-à-dire que les gens mangent ce qu’ils mangeraient s’ils ne buvaient pas, et ajoutent les calories supplémentaires provenant de la boisson. 

Qu’en est-il des patients cancéreux dominés par l’anorexie ? Existe-t-il des données scientifiques rigoureuses qui nous permettent de recommander un tel verre de vin avant les repas ? Des chercheurs n’ont pas trouvé un seul essai clinique qui ait tenté de prouver si le vin est utile ou inefficace dans la lutte contre l’anorexie associée au cancer.

En l’absence de données scientifiques, que doit dire le médecin aux patients lorsqu’ils demandent si un apéritif avant les repas peut les aider ?

Ce qui importe pour une personne atteint du cancer c’est de pour s’alimenter essentiellement des fruits légumes, et se procurer de leurs bienfaits sans oublier le litre eau par jour.