Monté comme un Cheval Blanc

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Dans le cadre des  »Vendredis du Vin », espèce de flash mob des blogueurs du vin autour d’une dégustation thématique ( »le vin et le sexe » pour cette 30ème édition), on a débouché un vin obscène… Obscène par son prix notamment : autour de 300 € la bouteille dans le commerce. Cheval Blanc 2001, en piste !

Un étalon blanc ?

 

Bonjour, je m’appelle Premier Grand Cru Classé (A) de Saint-Emilion Château Cheval Blanc 2001… Bonjour, Bel_étalon_2001, montre-nous donc si tu en as sous les sabots… OK, débouche-moi, tu vas déguster.

 

Charnu, de la fraicheur caféinée, une acidité rengorgée, longueur en nuage saint-emlionnesque… Avec, globalement, un petit manque de précision : un vin parkinsonien ? Le grognement, qui chevrote un peu, d’un guerrier autrefois terrible ? Et si la longueur, les caudalies sont bien là, l’émotion franchement ne suit pas.

 

Le vin est technique, carré, bon voire très bon, certes, mais ce n’est pas suffisant à ce niveau de prix-stige ! On s’ennuie un peu, voilà. On bande mi-mou, pour rester dans le thème.

 

 

Vin obscène

 

Et le sexe tarifé, sans amour, sauf à être pervers, c’est moins bien – le vin très cher et pauvre en émotion, c’est pareil, c’est chiant. Que boit-on ici : une belle étiquette blanc et or, un nom classé très haut, une pièce de musée ? Cette poule de luxe (ou ce gigolo) est un peu défraichie, elle a le geste saccadé, un sourire forcé. C’est une prestation assez triste, finalement.

 

On quitte le palace blanc et or sans se retourner, en soupesant le vide dans son larfeuil. 300 € et même pas un petit gémissement admiratif ? On est loin du film Sideways où le protagoniste sirote un Cheval Blanc 1961 dans un fast food, l’air béat.

 

Allez, puisqu’on l’a goûté le 27 octobre, disons que c’est la faute aux jours racines… Oublie, va, et retourne donc voir ta bande de copines plus franches du goulot, à 10€, 12€, 14€ ou même 22€, et qui t’en donnent pour ton argent ; tant et si bien que tu en oublies cette question d’argent – tu les aimes, simplement…

 

 

On retrouvera prochainement le compte-rendu de cette se(x)ssion des  »Vendredis du Vin » sur le blog du Bicéphale Buveur qui la préside.

 

 

Antonin Iommi-Amunategui

©Vindicateur, 10/2010