Mince Bordelaise versus Ronde Bourguignonne

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Rien à voir avec la qualité des vins : nous ne parlons ici que marketing, packaging et… démocratisation du vin.

En Bourgogne, on est prié d’adopter la bouteille bourguignonne, avec ses formes rondes et épanouies, c’est historique. Dans la vallée de la Loire, on a également de belles rondeurs question bouteilles. En Alsace, la finesse et la longueur priment… Mais il n’en reste pas moins qu’ailleurs, dans la plupart des régions de production, on a bel et bien le choix, l’historique n’impose rien. Et que se passe-t-il pourtant : les producteurs, dans une démarche purement commerciale, font souvent le choix d’une bouteille élargie, aux formes épanouies, notamment pour mettre en bouteilles leurs  »grandes » cuvées : c’est plus chic. Même dans le Bordelais, où on emploie traditionnellement la bordelaise classique, cette pratique tend à se répandre, et certains châteaux font dorénavant le choix de bouteilles plus fortes, plus épaisses, pour leurs cuvées principales.

 

 

Les amateurs de vin ne sont pas tous des châtelains

 

Conséquences : presque rien, sauf si on considère que les amateurs de vin ne sont pas tous propriétaires d’une belle et vaste cave, qu’ils n’ont parfois pas de cave du tout et de petits appartements où chaque mètre carré compte. Et s’ils font l’effort d’investir dans une armoire à vin électronique, ils vont naturellement préférer pouvoir y entreposer 150 bouteilles simples et fines, plutôt que 100 bouteilles obèses, gavées de verre épais, surtout qu’elles ne contiennent pas un centilitre de plus.

 

Le producteur sérieux, lui-même amateur et concerné, devrait donc réfléchir, s’interroger sur ce point, et le moment venu faire si possible le choix de la minceur concernant ses mises en bouteilles, par respect pour ceux qui voudront acheter et conserver ses vins.

 

 

Pour un marketing plus démocratique

 

Cessons donc de vouloir faire chic en engraissant les bouteilles, le vin n’en est pas meilleur, sa conservation exige seulement davantage d’espace. Et l’aspect commercial alors, quid de la belle bouteille qui donne envie ? Pour cela, il existe d’autres solutions : pour un marketing intelligent, plus démocratique, considérons par exemple les bouteilles du Domaine Henri Milan, en Provence. Toutes de forme classique, fines, à peine plus longues, mais pour chaque millésime, l’étiquette de leur grande cuvée en rouge notamment est une création originale, souvent remarquable, réalisée par un artiste. Voyez celle de leur Clos Milan 2004 (note Vindicateur 15.8 sur 20), une œuvre d’Olivier Armand. 

 

Antonin Iommi-Amunategui

© Vindicateur, 07/2009