La région viticole la plus sous-estimée de France

Du vin pour les punks
septembre 19, 2017
Une télé-réalité avinée
septembre 19, 2017

Hors le Bordelais, la Bourgogne et la Champagne, qui forment sans doute le peloton de tête des régions les plus reconnues, quelle région viticole française est la moins bien lotie en termes de reconnaissance et de réputation ?

L’Alsace, il y a du blanc !

 

L’Alsace et son puzzle de Grands Crus magnifiquement compliqué est une région largement sous-estimée par le public. On y produit pourtant parmi les meilleurs vins blancs de France, sinon du monde, et quelques vins rouges remarquables. La région est en outre une pionnière en matière de Biodynamie.

 

 

Le Beaujolais… Nouveau, bien sûr !        

 

Le Beaujolais paye le marketing souvent efficace du Beaujolais Nouveau, qui court jusqu’au Japon. Mais cette région produit des appellations recherchées par les amateurs – Moulin-à-Vent, Morgon, Côtes de Brouilly, Fleurie… – et que certains domaines ont su élever au rang de grand vin.

 

 

La Corse et le vin, ça fait deux, non ?

 

Méconnue, très, pour plusieurs raisons : faibles volumes de production, distribution inégale sur le continent, et consommation souvent (trop) rapide après la mise… C’est grand dommage car les vins de Corse ont des qualités à part, tant en blanc (Muscat du Cap Corse, Patrimonio…) qu’en rosé et rouge (Patrimonio encore, Ajaccio…). Issus pour certains de cépages inédits (comme le Sciaccarello), les vins corses ont de belles choses à dire, tant en finesse qu’en force.

 

 

Ah, il y a du vin dans le Jura ?

 

Le Jura produit peu en termes de quantité, et passe totalement inaperçu dans l’inconscient collectif du vin en France. Pourtant, ses vins blancs huileux et parfumés ont un charme étrange, rare. Quant à ses rouges, ils ont une franchise et un naturel gourmand que peu égalent.

 

 

Le Languedoc, c’est là qu’on arrache les vignes ?

 

Le Languedoc est en fait très actif depuis quelques années, et il se refait une beauté : avec en fer-de-lance une poignée de domaines remarquables et déjà renommés (Peyre Rose, Montcalmès, Mas Jullien, Clos Marie, Daumas Gassac…) et pas très loin derrière une armada de domaines visant l’excellence.

 

 

La Loire… Hein ?

 

La Loire ? Peu connue au bataillon, à peine les termes  »Sancerre » et  »Chinon » sortent-ils du lot, évoquant vaguement quelque chose de blanc ou de rouge. C’est aujourd’hui certainement l’une des régions les plus sous-estimées du grand public ; alors que certains de ses domaines l’ont élevée au niveau des plus grandes régions : Rougeard, Dageneau, Huet, Mellot… Pour ne citer que ceux-là.

 

 

La Provence, pour ses petits rosés !

 

La Provence et le rosé sont une association courante, évidemment réductrice, car les meilleurs vins de Provence sont souvent rouges ou blancs (les rosés n’étant pas en reste). L’agriculture biologique y a également quelques remarquables représentants.

 

 

Le Rhône… Côtes du Rhône, bien sûr !

 

Le Rhône a peut-être meilleure presse à l’étranger, aux Etats-Unis en particulier, qu’en France. Notamment auprès du public qui a tendance à méconnaître les nombreuses appellations de la région. A noter qu’on y produit, aussi, de très bons Côtes du Rhône.

 

 

Le Roussillon… Euh ?

 

Du Roussillon on connaît surtout le Banyuls ; mais c’est l’arbre qui cache la forêt de ces vins rouges et blancs qui se caractérisent souvent par une grande sensualité de parfum et de texture.

 

 

La Savoie, c’est pour une fondue ?

 

La Savoie sent la fondue : tragique accord mets-vins qui lui colle aux basques et dont cette région aura bien du mal à se défaire. Hélas ! Car la mondeuse noire, ce cépage très courant en Savoie pour les vins rouges est l’un des plus riches en antioxydants.

 

 

Le Sud-Ouest, pour le cassoulet !

 

Encore un accord mets et vin fatal : le cassoulet s’impose à l’imaginaire collectif dès qu’on prononce  »Sud-Ouest », et ses vins ne seraient bon qu’à l’accompagner. Ce qui est d’ailleurs parfois assez juste, mais parfaitement réducteur. A noter que le tannat, cépage local courant (Madiran, Irouléguy…), est lui aussi réputé pour sa haute teneur en antioxydants.

 

 

Qu’en pensent les intéressés ?

 

Nous avons contacté deux cents producteurs, de toutes les régions viticoles de France, et leur avons posé la question suivante : Quelle est selon vous la région viticole française la plus sous-estimée par le grand public ? Des réponses obtenues, quatre régions se détachent légèrement : le Beaujolais, le Languedoc, le Sud-Ouest et la Savoie… Mais il semble, en définitive, que toutes les régions mentionnées ici – et les domaines qui leur sont attachés – sont sous-estimés, parce qu’encore trop méconnus du public, parce que produisant des volumes qui ne permettent pas toujours une large diffusion… Quant à savoir laquelle de ces régions est, en somme, la plus sous-estimée, le débat reste ouvert !

 

 

© Vindicateur, 12/2009