J’ai Viret ma cuti, je vote Cosmoculture

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Le Domaine Viret, à Saint-Maurice, fait des Côtes du Rhône en Cosmoculture… Qu’est-ce que c’est que ce jargon bogdanovien ? La Cosmoculture, c’est une méthode culturale biologique, à tendance naturelle, fondée sur un équilibre énergétique. Scientifiquement invérifiable. Mais cela n’a pas la moindre importance : c’est bon !

Côtes du Rhône-Villages Saint-Maurice  »Renaissance » 2007

 

D’abord un vin. Grenache, Syrah, Mourvèdre. 18 mois de cuve (béton). Ce  »Renaissance » 2007 diffuse son gros fruit floral (jasmin à peine fané) dès le nez ; nez qui s’enfruite au fur et à mesure. La bouche livre d’ailleurs un fruit juteux, bien étincelant, l’acidité et la fraicheur aidant.

 

C’est propre, bien fichu, mais bourré de charme – un vin comme une danseuse, dans un tempo élégant et sensuel, plus flamenco que classique… La fin de bouche est finement amère : c’est souvent la signature, pas désagréable, des vins peu ou pas sulfités. Dans l’ensemble c’est vraiment très bon, avec comme dans la plupart des vins du domaine, une qualité d’intensité assez rare.

 

 

La Cosmoculture, c’est une secte ?

 

Non, c’est une marque. Déposée par les Viret pour éviter toute récupération. Les gaillards, ils y croient, et ils ne veulent pas qu’on utilise leur méthode à d’autres fins que sincères. Pas de  »copier-coller ». Les bases d’un cahier des charges sont posées et la curiosité est, pour le moins, éveillée.

 

Sur le fond, ces vins  »qui ouvrent les champs émotionnels » pour reprendre Philippe Viret (voir ici un entretien complet) sont d’abord conçus… humainement. Avec idéal, poésie, sincérité. L’humain c’est d’ailleurs, selon Philippe Viret, le  »cinquième élément souvent oublié ».

 

Que l’on adhère ou pas aux propositions parascientifiques de la Cosmoculture importe peu, en définitive. Il est certainement plus pertinent d’entendre le discours des Viret poétiquement : pas nécessairement au premier degré, pas au pied de la lettre sur lequel on est sûr de trébucher – mais comme des artistes qui parleraient de leur œuvre. Dans une langue imagée ou idéale. Et si eux croient au balisage cosmique et à la mémoire de l’eau, autant que ce soit sincère, non ? Surréalistes du vin, ce sont donc des artistes aux yeux des raisonnables.

 

Les vins, quant à eux, sont très bons et intéressants, et cela justifie la démarche des Viret, toute étrange ou surprenante qu’elle puisse paraître… Viret donc votre cuti et cosmocultivez-vous !

 

 

Antonin Iommi-Amunategui

©Vindicateur, 12/2010