Des OGM dans mon OCM ?

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Le nouveau logo bio européen a été choisi. Au-delà, c’est la nouvelle réglementation européenne sur l’agriculture biologique – sortie prévue pour juillet 2010 – qui fait déjà parler d’elle. Points sensibles : elle devrait autoriser la présence  »fortuite ou inévitable » de 0.9 % d’OGM et quelques techniques de vinification qui rebutent une partie des vignerons bio.

OCM pour objet culturel majeur

 

Le vin est un objet culturel, c’est un lieu commun, qu’il faut s’efforcer de rendre toujours plus commun. Le vin ne peut être perçu sous les seuls angles économique et industriel. Cela se produirait-il qu’il crèverait sans tarder. Le vin, ce sont des châteaux séculaires ; ce sont des vignerons passionnés qui ont des fins de mois difficiles mais ne lâchent pas l’affaire parce que, précisément, ils sont passionnés ; ce sont encore des domaines aux noms magiques dont les bouteilles sont hors de prix histoire qu’on ne les ouvre pas trop vite et que la magie reste bien dedans ; ce sont surtout de petits domaines peu connus, pas trop chers, produisant ces vins qu’on découvre souvent par hasard et qui nous surprennent en beauté.

 

 

Et voilà qu’on va autoriser les OGM dans nos OCM ?

 

Ce qu’il y a de plus grave dans cette annonce, c’est le caractère inévitable – et admis comme tel – de la présence de traces d’OGM. Et ce sera donc écrit, dans la règle, noir sur blanc : il peut y avoir des traces d’OGM, partout, et on le décrète parce qu’on n’y peut rien. Déjà, des voix s’élèvent pour dire que le seuil fixé à 0.9 % sera relevé à mesure que la contamination des cultures par les OGM s’accentuera.

 

La question ici n’est même plus de savoir si les OGM sont bons ou mauvais, sains ou dangereux ; si on a réalisé suffisamment de tests ou si on a suffisamment de recul ; si le principe de précaution doit s’appliquer ou pas – ce n’est plus le problème, manifestement, puisque même les autorités européennes via ce texte le disent très clairement : les OGM se propagent et on ne peut rien y faire… Cette seule donnée, pourvu qu’on la réfléchisse sérieusement, devrait suffire à faire interdire les OGM.

 

 

Une vinif bio à la sauce euro ?

 

Il y a une seconde source d’inquiétudes chez les vignerons travaillant d’ores et déjà en agriculture biologique : en effet, la nouvelle réglementation européenne devrait autoriser certains procédés de vinification qu’eux-mêmes ne jugent pas  »bios ».

 

L’exemple qui revient le plus souvent est celui de la  »flash pasteurisation » qui consiste à chauffer les cuves à 73°C pour en purger les levures indigènes, naturelles, et les remplacer ensuite par des levures artificielles. Ou encore le procédé dit d’osmose inverse, qui consiste à retirer l’eau du moût de raisin pour concentrer les sucres, mais élimine du même coup les acides organiques.

 

Selon de nombreux vignerons récalcitrants, ces actes sont tout sauf  »bio », et cette réglementation serait donc  »laxiste » et amènerait surtout de la  »confusion ». A suivre…

 

 

Antonin Iommi-Amunategui

© Vindicateur, 02/2010