Déconner le vin

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Faut-il mettre des copeaux de clowns dans le vin ? Le vin, notamment en France, se prend parfois tellement au sérieux qu’il en est comme figé au curare. A quelques exceptions près, les discours autour du vin sont tous empesés, calibrés, le cul plombé. En un mot, soporifiques. Pourtant, connaître le vin ne suffit pas : il faut l’animer, lui donner vie. Du jus, bordel.

Le vin sauvé par un fou rire

 

Ils sont quelques-uns à sauver le vin d’un enracinement permanent dans le grave, le sérieux, le solennel débile. Quelques-uns à rechercher des angles décalés sinon inédits pour aborder ce monument, ce patrimoine, ce vieux machin qui a besoin de tout sauf d’être encouragé dans cette voie poussiéreuse…

 

Ceux qui figent le vin dans un décorum poussiéreux ou clinquant, le font d’ailleurs à dessein : pour vendre le vin cher, il faut en effet l’anoblir un maximum, créer tout un cérémonial autour de lui. On ne pourra jamais vendre du vin (ou une prestation quelconque autour du vin) à un prix vraiment élevé, en servant des coups sur un coin de table. Du marketing, vous dis-je, si vieux qu’il s’est transformé en tradition. Et la jeune garde des marketeux reprend le flambeau, en modernisant le concept : des paillettes sur de la poussière. Mais le schmilblick reste identique.

 

Revenons à nos moutons noirs, à ces gais lurons qui savent déconner le vin. C’est d’eux que viendra la lumière. Grâce à leur espèce que le vin de France trouvera son second souffle. Il faut donc les encourager (à déconner).

 

Des vignerons : une publicité naturiste pour un pétillant naturel, un vigneron qui goûte littéralement son terroir, un faiseur de vins jubilatoires, un jeune vigneron allumé du Sud-Ouest qui murmure à l’oreille des abeilles…

 

Des blogueurs : une moitié de cerveau doublement délirante, un gynécologue qui en a vu d’autres, un Suisse quasi-fou, des hommes et des femmes de glou

 

Des journalistes : non, je déconne. Le journaliste est quelqu’un de sérieux, déontologie oblige… Quoiqu’on pourrait bien, un de ces jours, voir paraître une publication un rien plus excentrique.

 

En vérité, la liste est heureusement plus longue. D’ailleurs les vignerons comptent de nombreux clowns : la preuve… L’armée des déconneurs serait-elle en marche ?

 

 

Antonin Iommi-Amunategui

Photo : Marcel Richaud, par Momo le Clown Gourmand

©Vindicateur, 08/2011