10 affirmations (ir)réfutables autour du vin

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Derrière ces pseudos-affirmations, pointent les tétons d’un véritable manifeste pour une autre vision du vin. Renouvelée, agitée, et même brouillonne par moments ; parce que cela vaut toujours mieux qu’un ronron permanent, infernal. Le vin, c’est nous, et on ne souhaite pas qu’il ressemble à autre chose.

1 – Le vin est une société en miniature, un village de schtroumpfs, une tranche de fourmilière entre deux plexiglas… Une représentation assez juste de notre société en général. C’est pourquoi on peut vouloir se démener pour que le vin ne ressemble pas à n’importe quoi.

 

2 – Le vin n’est qu’un prétexte. Pour parler d’autre chose. Prétexte agréable, à travers lequel on exprime des idées, des opinions, des désirs. Le vin pour le vin, une fin en soi, c’est comme mettre un manteau molletonné à son petit chien. Se tortiller le mamelon le regard dans le vide.

 

3 – Payer un vin plus de 50€ est assez obscène. Payer un vin moins de 5€ peut l’être aussi.

 

4 – La critique de vin n’est pas sérieuse. On ne peut sûrement bien déguster qu’en prenant du plaisir. Si on se blase, si on se fige, on déguste mal, on critique mal… La critique de vin doit terminer entre les mains d’écervelé(e)s sincères.

 

5 – Buvez avec modération, c’est pas con. Il faut mettre en avant le fait qu’une consommation modérée augmente, mathématiquement, le rayon d’achat.

 

6 – Evin m’a tuer… ou pas ? Et si cet interdit législatif avait finalement décuplé la créativité des gens du vin ? Les obligeant à d’autres formes de communication, des propositions différentes – sûrement meilleures que ce qui aurait été fait, jeté en pâture aux téléspectateurs.

 

7 – Les accords mets-vin ça peut être très, très ennuyeux.

 

8 – 20% des vins du monde viennent de France, et au moins 80% des plus chers… Et ça ne se justifie pas ou plus.

 

9 – Les blogs, notamment, sauveront le vin de France d’une issue fatale : le musée (la muséo-gastronomie).

 

10 – Les grands bonshommes qui s’enorgueillissent de goûter 6000 vins par an, feraient mieux d’en goûter 500 vraiment.

 

 

Antonin Iommi-Amunategui

Crédit photo : Galileo

©Vindicateur, 04/2011