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Design - Techno - 31/01/12 À 17H31

Contre-étiquette imaginaire
Dire ce qu'on fait, faire ce qu'on dit. Transparence, intégrité. Voilà peut-être une ''chapelle'' qui pourrait réunir tout le monde, tout le vignoble ? Sauf à craindre que la mise au jour de certains aspects du vin, de sa ''fabrication'', soit commercialement parlant, un peu risqué. En effet, plus de 40 pratiques et traitements œnologiques sont autorisés dans l’UE, et ils sont assez peu ragoutants dans l’ensemble : gélatine alimentaire ou ferrocyanure de potassium ne font pas exactement rêver… Ci-après ce qui pourrait être la contre-étiquette du vin le plus technologique du monde, si la transparence était de mise.

40 et quelques pratiques et traitements œnologiques (ou le vin robocop)


1. l'aération ou l'oxygénation à partir d'oxygène gazeux

2. les traitements thermiques

3. la centrifugation et la filtration avec ou sans adjuvant de filtration inerte

4. l'emploi d'anhydride carbonique, également appelé dioxyde de carbone, d'argon ou d'azote, soit seuls, soit en mélange entre eux, afin de créer une atmosphère inerte et de manipuler le produit à l'abri de l'air

5. l'emploi de levures de vinification sèches ou en suspension vinique

6. l'emploi, pour favoriser le développement des levures, d'une ou des substances suivantes éventuellement complétées d'un support inerte de cellulose microcristalline : addition de phosphate diammonique ou de sulfate d'ammonium, addition de bisulfite d'ammonium, addition de dichlorhydrate de thiamine

7. l'emploi d'anhydride sulfureux, également appelé dioxyde de soufre, de bisulfite de potassium ou de métabisulfite de potassium, également appelé disulfite de potassium ou pyrosulfite de potassium

8. l'élimination de l'anhydride sulfureux par des procédés physiques

9. le traitement par des charbons à usage œnologique

10. la clarification au moyen de l'une ou de plusieurs des substances suivantes à usage œnologique : gélatine alimentaire, matières protéiques d'origine végétale issues de blé ou de pois, colle de poisson, caséine et caséinates de potassium, ovalbumine, bentonite, dioxyde de silicium sous forme de gel ou de solution colloïdale, kaolin, tanin, enzymes pectolytiques, préparation enzymatique de bétaglucanase

11. l'emploi d'acide sorbique sous forme de sorbate de potassium

12. l'emploi d'acide L(+) tartrique, d'acide L-malique, d'acide D, L-malique ou d'acide lactique pour l'acidification

13. l'emploi pour la désacidification, d'une ou plusieurs des substances suivantes : tartrate neutre de potassium, tartrate de calcium acide L(+) tartrique, préparation homogène d'acide tartrique et de carbonate de calcium en proportions équivalentes et finement pulvérisée

14. l'addition de résine de pin d'Alep

15. l'emploi de préparations d'écorces de levures

16. l'emploi de polyvinylpolypyrrolidone

17. l'emploi de bactéries lactiques

18. l'addition de lysozyme

19. l'addition d'acide L-ascorbique

20. l'utilisation de résines échangeuses d'ions

21. l'utilisation dans les vins secs de lies fraîches, saines et non diluées qui contiennent des levures provenant de la vinification récente de vins secs

22. le barbotage à l'aide d'argon ou d'azote

23. l'addition d'anhydrique carbonique

24. l'addition d'acide citrique en vue de la stabilisation du vin

25. l'addition de tanins

26. le traitement : des vins blancs et des vins rosés par le ferrocyanure de potassium, des vins rouges par le ferrocyanure de potassium, ou par le phytate de calcium

27. l'addition d'acide métatartrique

28. l'emploi de gomme arabique

29. l'emploi d'acide D, L-tartrique, également appelé acide racémique, ou de son sel neutre de potassium, en vue de précipiter le calcium en excédent

30. l'utilisation pour favoriser la précipitation des sels tartriques : de bitartrate de potassium ou hydrogénotartrate de potassium, de tartare de calcium

31. l'emploi de sulfate de cuivre ou de citrate de cuivre pour l'élimination d'un défaut de goût ou d'odeur du vin

32. l'addition de caramel, au sens de la directive 94/36/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 juin 1994 concernant les colorants destinés à être employés dans les denrées alimentaires afin de renforcer la couleur

33. l'usage de disques de paraffine pure imprégnés d'isothiocyanate d'allyle afin de créer une atmosphère stérile

34. l'addition de dicarbonate de diméthyle (DMDC) aux vins pour assurer leur stabilisation microbiologique

35. l'addition de mannoprotéines de levures pour assurer la stabilisation tartrique et protéique des vins

36. le traitement par électrodialyse pour assurer la stabilisation tartrique du vin

37. l'emploi de l'uréase, pour diminuer le taux de l'urée dans les vins

38. l'utilisation de morceaux de bois de chêne dans l'élaboration et l'élevage des vins, y compris pour la fermentation des raisins frais et des moûts de raisins

39. l'emploi : d'alginate de calcium, ou d'alginate de potassium

40. la désalcoolisation partielle des vins

41. l'utilisation de copolymères polyvinylimidazole - polyvinylpyrrolidone (PVI/PVP), afin de réduire les teneurs en cuivre, en fer et en métaux lourds

42. l'addition de carboxyméthylcellulose (gommes de cellulose) pour assurer la stabilisation tartrique

43. le traitement aux échangeurs de cations pour assurer la stabilisation tartrique du vin...

 

A noter qu’il n’est question ici que des pratiques et traitements autorisés en vinification ; de nombreuses autres lignes relatives aux traitements de la vigne et du sol (herbicides, pesticides, etc.) pourraient encore allonger cette contre-étiquette exhaustive imaginaire.

La question demeure pertinente : à quand des contre-étiquettes un tant soit peu transparentes quant au contenu des bouteilles de vin ? Cette transparence semble être la seule réponse appropriée face à la complexité du monde du vin actuel… On trace bien les vaches, pourquoi pas le vin ?

  

Antonin Iommi-Amunategui

Sources : J.O. de l'Union Européenne – Règlement (CE) N°606/2009 de la commission du 10 juillet 2009 – Annexe IA ; repris dans Le Vin nu, Alice Feiring (Ed. Jean-Paul Rocher). Photo : ED-209 (in Robocop).

©Vindicateur, 01/2012

 


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Vos commentaires (9 réactions)
Vin de Presse dit : Il y a toujours des vérités bonnes à dire. Je rejoins cependant la remarque d'Iris, il faudrait comprendre exactement ce qui se cache derrière ces mots barbares.
Rédigé le 02/02/12 à 12:41

Antonin Iommi-A. dit : Touché, Iris ! Mais si les termes techniques ne sont jamais vraiment "sexy", il reste qu'il y a tout de même une différence entre ce qui est présent spontanément et ce qui est ajouté/corrigé... Un minimum d'information, de transparence, semble nécessaire.
Rédigé le 02/02/12 à 12:30

Iris dit : Faut être prudent, si on fait un article sur ce genre de choses, qui joue avec des termes, qui font peur au gens, Pour une transparence totale, on pourra peut-être aussi exiger sur une contre étiquette (même la mienne;-)?: attention: contient amines biogènes issu de la flore indigène: hystamine, thyramine et putrécine originaires de la "décarboxylation d'acides aminés sous l'action de décarboxylases, assistées de phosphate de pyridoxal (coenzyme dérivé de la vitamine B6), de levures et de bactéries." http://www.vignevin-sudouest.com/publications/fiches-pratiques/amine-biogenes.php
Rédigé le 02/02/12 à 12:16

Antonin Iommi-A. dit : Il y a des tyrannies justes, comme dirait Ségolène ;-)
Rédigé le 01/02/12 à 14:25

Arnaud D dit : Certain "tendançologues" prévoyaient déjà il y a trois ans l'avènement de la "Tyranie de la transparence" : on ne peut plus rien cacher ! Cela date de 2009, mais c'est aujourd'hui parfaitement d'actualité : http://www.trendwatching.com/trends/transparencytriumph/ Comment le monde du vin va-t-il gérer ses contradictions : image et revendication de produit "naturel" et pratiques qui le sont peu...
Rédigé le 01/02/12 à 10:29

Félicien d'Ethiquettes dit : Miam !! Voici qui met en appétit !!! Si ça continue, bientôt on n'aura même plus besoin de raisins... D'ailleurs on n'en est pas loin, j'ai vu une famille au Canada qui, pour préparer les fêtes de Noël, fabriquait son vin dans leur chambre, avec deux bonbonnes, de l'eau, de l'alcool, des poudres (jaune pour le blanc, rose pour le rouge)... Deux mois plus tard, le truc s'est retrouvé en bouteille, sur la table du réveillon. J'ai eu un gros coup de mal du pays !!!
Rédigé le 01/02/12 à 10:16

seb f dit : oui, l'évaporation sous vide et le retrait de sucre dans les moûts qui doit se faire, si je ne m'abuse, au moyen d'un filtre à membranes.
Rédigé le 31/01/12 à 21:56

Antonin Iommi-A. dit : N° 40 ! Mais le procédé n'est pas explicité : y en a d'autres que l'osmose inverse ?
Rédigé le 31/01/12 à 18:22

seb f dit : Et la désalcoolisation par osmose inverse? tu l'as oubliée celle là ?
Rédigé le 31/01/12 à 17:56

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