Le vin San Ku Kaï

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 »San Ku Kaï », série japonaise créée en 1979 et diffusée au début des années 80 en France, a sûrement marqué une génération.  »San Ku Kaï », c’était Star Wars sans les effets spéciaux. Une série bricolée, cheap mais scénarisée, sans artifices compliqués. Quatre maquettes, deux pétards et six costumes pour faire 27 épisodes. Respect. Et nous, on a trouvé le vin San Ku Kaï :  »La Grande Pièce », par Mai et Kenji Hodgson. Un grolleau d’Anjou, sans artifices, avec des pailles pour figurer l’explosion spatiale (et parce qu’on en sifflerait à la paille).

Grolleau de l’espace

La Grande Pièce 2011, donc, pur grolleau qui libère d’intenses aromes de terreau frais, parfumé, gentiment poivré… Véridique, on en boirait à la paille ! C’est facile et original. Un très joli vin sans rien de fukushimique, sans effets spéciaux, qui réjouira ceux qui savent boire avec leurs yeux d’enfants.

Parce que ce grolleau pas sot, a cette naïveté, cette facilité enfantine ; mais intense d’autant – essayez donc un peu de retrouver vos enthousiasmes d’enfant, quand vot’ petit cœur fondait de bonheur pour une bille colorée ou quelques perles en plastoc… Essayez, mais vous allez essayer longtemps, en vain. Ce vin-là nous ramène un peu, brièvement, à ces temps-là. C’est pas rien.

 

Vin cosmopolite > Cosmos 1999

Les vignerons, Mai et Kenji, jeune couple cosmopolite – elle Japonaise, lui Canadien d’origine japonaise, tous deux angevins d’adoption – ont des yeux d’enfants. D’où qu’on se souvient soudain, à boire leur vin, de cette série qu’on regardait gamin.

San Ku Kaï, sans déconner si son ramage s’était rapporté à son plumage, ça aurait été du navet, cette série, du lourd. Pourtant, c’était d’un autre niveau que les Cosmos 1999, X-Or et autres Spectreman. Dans San Ku Kaï, il y avait du scénar’, un peu de sens, voire du drame, de l’obscur. Et des badaboum-maison, des barbouillages de lasers incrustés. Pas bien propres, mais sincères.

Et à regarder son générique de plus près, il semble bien – attention, scoop, scandale ? – que les costumiers de L’Empire Contre-Attaque, ce fameux épisode de Star Wars, se soient largement inspirés des tenues des héros de San Ku Kaï pour confectionner celles des soldats rebelles de la planète glacée Hoth ! Vérifiez donc vous-même : il y a même une Princesse Léia blonde, un homme-singe et un quasi-R2D2 dans la série japonaise. D’ailleurs, les dates correspondent : le tournage de L’Empire Contre-Attaque s’est déroulé entre mars et septembre 1979, précisément pendant la diffusion San Ku Kaï…

San Ku Kaï, c’est ma bataille

Il faut aussi dire un mot de la musique de cette série culte ; dont les paroles sont tout simplement inscrites au sabre laser dans la mémoire de tous les téléspectateurs :  »San Ku Kaï, c’est la bataille, c’est la bataille… »

Et, cerise sur le cake, composée par Didier Barbelivien himself.

Non, vraiment, San Ku Kaï, c’était de la bonne série des années 80, pré-manga, précurseur. Un truc que tous les gosses adoraient. Exactement comme tous les grands gosses aimeront le joyeux grolleau de Mai et Kenji.

Et n’oubliez pas, Star Wars doit peut-être tout à San Ku Kaï… Bon, en vérité, il s’avère que c’est rigoureusement l’inverse. C’était trop beau. Mais les Japonais sont forts : ils ont sorti leur remake avant l’original !

Pour en savoir (beaucoup) plus sur ce domaine, on ira lire la chronique de Bertrand Celce ou encore celles d’Olif et de La Pipette.

Billet-laser conçu dans le cadre (ici, un rien détourné) des Vendredis du Vin, épisode 48 –  »Les vins en série font leur cinéma » – présidés ce mois-ci par Sonia.

 

 

Antonin Iommi-Amunategui

©Vindicateur, 07/2012