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Comme il faut parfois tourner sa langue sept fois dans la bouche avant de parler, il faudrait peut-être tourner son index en l’air avant de publier sa vie, son œuvre sur Internet… le tourner jusqu’à ce qu’il soit froid ! Parce qu’avec tout ce raffut en ligne, on entend plus les oiseaux chanter… Alors, chut ?

Vive la minorité invisible

 

Entre ceux qui publient des billets fourrés aux mots clés, des  »marronniers » histoire de se booster l’indexation (Google si tu m’entends…) et ceux qui racontent leur petite vie ici ou là, le dépôt-vie du Web est digne d’une décharge radioactive, d’un grand smog toxique. Cela n’aurait aucune sorte d’importance, si ce vaste dépotoir ne rendait plus compliqué l’accès aux contenus réellement pertinents, lesquels, par principe, sont minoritaires.

 

La question Web qui compte, par conséquent, c’est de savoir comment mettre en valeur les contenus pertinents, comment les hiérarchiser de sorte à ce qu’ils émergent ? Aujourd’hui, la plupart des classements et sélections, agrégateurs et portails, hiérarchisant les contenus sur Internet, les trient en fonction de leur… référencement. L’équation est simple, tautologique : plus t’es lu, plus t’es lu.

 

Mais l’audience, le trafic est-il synonyme de qualité ? Parfois, pas toujours. Ce type de sélection est donc imparfait, et assez peu cohérent au fond. Si on regarde du côté du papier, quels sont les livres ou les journaux les plus lus ? L’Idiot de Dostoïevseki et Le Rouge et Le Blanc… ou la biographie de Justin Bieber et Gala ? La méritocratie par l’audience est tordue.

 

Il faut trouver autre chose, ou compléter l’équation par une autre inconnue : le regard humain, une critique qui ne soit pas mathématique, purement comptable. Car, non, ce qui réussit, ce qui chiffre, n’est pas ce qu’il y a de mieux. On donne d’ailleurs beaucoup trop la parole à ceux qui réussissent, ainsi Michel Rolland par deux fois (de trop) dernièrement.

 

 

Et le vin là-dedans ?

 

Les contenus liés au vin ne diffèrent pas des autres : trier le bon grain du pourri (et pas noble, celui-ci) n’est pas toujours facile. Entre les articles purement technico-informatifs, les messages à caractère plus ou moins commercial, les vieilles soupes réchauffées et le monceau de contenus quelconques qui déferle quotidiennement ; difficile de remarquer les péripéties d’un Lilian Bauchet, les remarquables vidéos made in Bourgogne Live, la finesse amusée d’un Olif, les vidéos décalées ou plus sérieuses d’une Miss Glouglou, les billets souvent brillants d’un Christian Bétourné, les meilleurs  »posts » d’un forum comme celui de LPV… et combien d’autres, plus anonymes, plus discrets, que nous avons ratés dans le grand brouhaha ? Le Web, c’est le raffut par principe, un raffut bienvenu, nécessaire et urgent, mais comment entendre les oiseaux là-dedans ?

 

 

Pour une autocritique de masse ?

 

Et si les producteurs de contenus, appelons-les  »blogueurs » : un terme quasi-générique aujourd’hui, qui englobe à peu près tous ceux qui écrivent, filment et publient quoi que ce soit sur Internet à titre individuel (ou schizophrénique, façon Bicephale Buveur) se jugeaient eux-mêmes ? Dans une espèce de grande transversalité collégiale, une revue de presse collective fondée sur la pertinence et la qualité des contenus… Farfelu ou évident ? Raffut ou babil ?

 

 

Antonin Iommi-Amunategui

©Vindicateur, 11/2010