Un vin de copains à 45 € ?

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Un Vin de Pays, en plus. Des Bouches du Rhône. Du côté des Alpilles, en Provence… C’est le Domaine de Trévallon, 1999. Rouge, assemblage de Syrah et de Cabernet Sauvignon. Autour de 45 € dans le commerce, 43 € au domaine. Cher, très cher ? Non, c’est un vin si bien tissé, avec si peu d’équivalents, si complexe et si facile à la fois – un zig-zag en ligne droite ; qu’il les vaut bien. En plus c’est un vin de copains. Démonstration.

Trévallon 1999, dégustation

 

Un vin arc-en-ciel : giclure rouge sang qui saute d’abord aux narines, métamorphose en tapenade d’olives vertes, qui se noircit de truffe immédiatement après ; vient enfin une fleur poudreuse aux pétales mauves et blancs. Voilà le nez – une franche émotion nasale, à faire dresser les poils des bras, littéralement. On est obligé d’être lyrique avec cette belle gueule de vin !

 

La bouche se suçote, tendue d’abord comme une danseuse – quand la tension est un art. C’est doux et poivré à la fois. La Syrah est une fleur un peu sauvage, et le Cabernet-Sauvignon son vase. Tout se tient, en équilibre, en fraicheur. Il y a aussi une formidable simplicité dans cette bouche qui, en définitive, se donne sans retenue mais sans aucune grossièreté non plus. On tombe forcément amoureux… Un vin exceptionnel.

 

 

Un vin de copains ?

 

Dans le cadre des Vendredis du Vin, ces dégustations thématiques par blogs interposés, organisées notamment à l’initiative d’Iris Rutz-Rudel (Domaine de Lisson), celle de ce mois de mai a trait aux  »vins des copains », selon le choix de la présidente, au mandat mensuel, Anne-Laurence Chadronnier de Rouge, Blanc, Bulles.

 

Et ce vin, Trévallon 1999, est un vin de copains à au moins deux titres : d’abord de la façon dite plus haut, car ce vin – en dépit de tous ses gestuelles compliquées de danseuse, ses zigzags musclés – est facile à boire, il coule bien et se donne ; il sera apprécié sur la table d’un restaurant multi-étoilés, mais encore mieux à une simple tablée de copains.

 

En second lieu, ce vin a déjà été bu et lu par Christian Bétourné (Littinéraires Viniques) et, entre lui et moi, c’est un copinage à base de Trévallon dorénavant, il y a pire… Et bravo encore au Domaine de Trévallon, pour ce vin relativement bon marché au regard de sa poly-chromatique qualité.

 

 

Antonin Iommi-Amunategui

© Vindicateur, 05/2010