Le vin trompe la mort

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Un dernier vin avant de claquer, une dernière gorgée avant la mise en bière… Mais lequel ? Quel vin pour le dernier festin ? C’est la question que pose le  »Showviniste » dans le cadre de ces  »Vendredis du Vin ». Cette grosse, grosse colle, appelle un vin qui scotche !

Pour dégoter un vin pareil, on court d’abord dans tous les sens, on zigzague d’un caviste à l’autre, on cherche peut-être une étiquette ou un nom de cuvée en rapport (avec la mort). On se creuse la tête pendant qu’ils creusent ta tombe !

C’est difficile, le vin ultime. Parce que choisir, c’est renoncer. Et, en l’occurrence, renoncer à des dizaines, à des centaines de vin qui seraient sûrement à la hauteur de cette dernière heure… Comment faire ? Se livrer à la magie blanche la plus obscène, je vois que ça.

 

La potion vinique la mort

Oui, une potion magique, vinique ; un trompe-la-mort version vin… Et comment fait-on une potion, sinon en mixant différents ingrédients ?

Pour un dernier vin, le tout dernier, on peut bien s’autoriser une folie : prendre une poignée de vins qu’on adore – et les assembler, les mélanger (mais sans mixeur, hein) en une espèce de méta-vin… Ce vin magique repoussera peut-être la mort ? Puisque c’est censé être notre dernier vin, rappelez-vous.

Pour cet élixir sans kir, et afin d’en décupler la puissance vitale, on n’a choisi que des vins vivants (toujours sur le mode vivant versus mort, souvenez-vous).

  • On a d’abord mis deux centilitres de  »L’Ecorce », pur sauvignon du Château Lestignac. Un vin pas encore en bouteilles, mais déjà tranchant et gourmand, prometteur comme Scarlett Johansson à 17 ans.
  • On a ajouté une rasade du papillon blanc d’Henri Milan. Le  »papillon » c’est sa cuvée sans soufre ajouté, ça flip-flap dans le palais, y accroche sa jolie trainée d’acidité dorée…
  • Plus une bonne giclée de ce Saint-Véran qui ne dit plus son nom, issu des Côtes de la Molière. On boit no logo, mais c’est beau.
  • Et encore, dix-sept gouttes griffues de  »Sauvageonne », le fameux sauvignon sauvageon du Domaine des Griottes.
  • Et puis une large lampée du blanc de L’Escarpolette, ovni orangé de Montpeyroux, mi-muscat mi-macabeu, qu’on voudrait voir atterrir sur sa table plus souvent.
  • Enfin, pour corser le tout, une pleine pipette de rouge : le Clos du Curé du Domaine Lisson. Un pur pinot noir, ce curé, naturellement impeccable pour l’extrême-onction (juste au cas où cette potion super potable ne suffirait pas à nous tirer des griffes de la mort imbuvable).

Bien sûr, c’est une potion rêvée, un assemblage imaginaire – mais puissant comme six cents réverbères. A n’adopter qu’en cas de fin du monde avérée. Dans tous les autres cas, on en boira les ingrédients séparément ou successivement ! Et merde à la modération si tout doit disparaître.

 

Retrouvez prochainement toutes les contributions immortelles à ces Vendredis du Vin sur le blog du Showviniste.

 

Antonin Iommi-Amunategui

Photo : ANMAßENDE JUGEND DIARIES : 2006 – 2010

©Vindicateur, 11/2012