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Édito - 24/04/13 Édito En France, le vin se mate le nombril depuis des lustres. Etrangement replié sur soi, notamment du fait de la loi Evin, il se la joue victime ou résistant. Beaucoup de commentateurs l'envisagent comme une filière globalement unie, faisant bloc, face à l'incompréhension du monde extérieur (qui met le vin dans le même sac que la vodka, cet alcool de patate, allô quoi). Ainsi, toute forme de critique journalistique a pratiquement disparu de ce petit monde. Parce que la plupart des acteurs du vin, dont les médias spécialisés, estiment devoir défendre ce patrimoine, prétendument en péril, quitte à fermer les yeux sur ses travers. Du coup, les médias du vin – y compris, souvent, les blogs – rivalisent d'éloges et minimisent les critiques. Mais c'est un danger pour le vin, ça l'enfonce, ça le dessert. Ça le crève à petits feux.Édito On se moque des ''buveurs d'étiquettes''. On les méprise, on les caillasse. Qu'ils s'enfilent des vins chics, aux étiquettes sinistres ou précieuses, ou bien des vins rigolos, aux étiquettes et noms de cuvées décalés. Ne sont-ils, tous autant qu'ils sont, que de superficielles victimes du marketing ? Les veaux du vin ? En fait, non. L'étiquette est au vin ce que la couverture est au livre, l'affiche au film – sûrement pas insignifiante, déjà chargée de sens, d'intention. Un certain avant-goût.Édito Un bon vin ne l'est pas pour tout le monde, ni tout le temps. Pire, selon une récente étude américaine, les conseils d'un expert ne vaudraient surtout que pour... un autre expert. Le consommateur lambda, lui, ne s'y retrouverait pas ou peu. Re-pire, il y aurait même une histoire de gênes dans l'affaire, un inné de la dégustation ? Le bon n'étant plus garantissable, trop partial, injustice principielle, que nous reste-t-il, en définitive, pour savoir quels vins boire ? Précisément, peut-être, ce qui ne se boit pas.Édito Il te dit pareil que le cassis ! Le vin va de A à Z, mais trop de messieurs (et quelques dames ?) confortablement installés dans leurs certitudes ont mis plusieurs lettres, N-A-T-U-R-E, au ban de l'alphabet. Au coin, comme les ânes… Odeur oblige ? Et pourquoi, par quelle espèce d'ahurissant procédé intellectuel, les vins seraient-ils exclusifs les uns des autres ? Non, ils peuvent cohabiter. On peut aimer les vins ''naturels'' (qui englobent les vins ''nature'') et aimer les ''grands vins'' (sic). On peut aimer des vins de tous bords, pourvu qu’on fasse preuve d’un peu d’honnêteté… Les postures idéologiques de certains gaillards du vin ont leur place au Grévin. Passez au level suivant, les gars. Vous perdez votre temps. Et nous faites surtout perdre le nôtre, à vous expliquer sans cesse les mêmes choses... Bon, allez, je m'y recolle. Mais lisez attentivement, c'est la dernière fois*.Édito En France, les vins naturels c'est comme les immigrés : on leur demande généralement de meilleurs résultats, une meilleure tenue, que le quidam du coin. Comme si le type d'ici, le pékin moyen, il était toujours bon et bien. Alors oui, c'est vrai, les vins naturels ne sont pas toujours bons – que fait la police ? Mais, au fait, aucun vin n'est toujours bon ; et ce procès récurrent à l'encontre des vins naturels est évidemment bidon. Idéologique, lui… Démo. Édito Vindicateur, à son tour, répond à Michel Bettane (qui répondait à Vindicateur, notamment, suite à sa critique du guide Bettane+Desseauve 2012). C'est l'œuf qui répond à la poule ? En quelque sorte, car nous sommes peut-être, génération oblige, fils et filles de Bettane ; et, naturellement, en révolte ? Mais le but ici est d’abord de clarifier un propos, de sorte qu'il ne semble plus si ''inconséquent'' ou ''pernicieux''. Qu'il soit clair, simplement. Édito Ecarteler le vin, le tirer par les cheveux. Sortir le vin du vin. Ne pas le laisser entre les mains molles de x, méprisantes de y. Combien d'idées justes ou subversives, sont nées autour d'un verre, voire au goulot ? Le vin, aristocratique et révolutionnaire, doit retrouver cette dualité ; il s'est bien trop souvent rangé, marketé, perdu. Le vin est un outil ludique, philosophique, politique, provocateur, poétique – humain. Faites-en un simple produit, luxueux ou bon marché, et c'en est fini de lui. Toute sa vertu tient en ce qui ne se vend pas. Malgré tout.Édito Un blogueur ? Plutôt douze, vingt, et mille internautes... Pour une histoire virtuelle qui a viré bien réelle. Olivier B, vigneron anonyme du Ventoux, a reçu le soutien de nombreux internautes après avoir annoncé sur son blog, en catimini, vouloir tout arrêter. Le feu de paille a pris, de blog en forum, de Twitter à Facebook, jusqu'à finir dans les médias régionaux, puis nationaux. Le tout en un mois. Entretemps, 20 000 € de vin était vendu, de quoi donner un bol d'air au vigneron (qui n'est pas ''sauvé'' pour autant). Du marketing viral à la solidarité virale… Mais derrière l'anecdote et le vigneron masqué, se cache un symbole.Édito Existe-t-il un néo-snobisme du vin, qui consisterait à critiquer les grands crus, notamment bordelais, qualifiés de jus de planche taillés pour la spéculation, de grands vins... de menuisier ; et à leur préférer des vins dits d'auteur, moins chers, plus authentiques, enfin sincères ? Ou s'agit-il là d'une critique, fondée, à l'égard de ces crus qui auraient oublié de se remettre en question, et se cacheraient indéfiniment derrière leurs étiquettes ?Édito Le blogueur, autoédité dans 99.99% des cas, doit faire preuve d'humilité. C'est la base, le plancher. Ensuite, il faut meubler : pertinence, humour, talent, fraicheur, esprit... Ce qu'on voudra. Au final, seuls les bons survivront à la sélection naturelle, dans la jungle Internet. Et il faudra grimper sur les épaules de King Koogle pour échapper à la voiture-balais. Alors blogueurs, soyez humbles et doués, ou sabordez-vous ?Édito Le vin en France est souvent encore vu comme une institution figée, avec son lot de clichés (grands châteaux, vignobles imperturbables, nectars hermétiques aux profanes). La réalité est bien sûr plus complexe et diverse, à l'image d'une filière qui dans l'ensemble connaît d'ailleurs plus de bas que de hauts. Avec en fait des vigneron(ne)s et des domaines souvent accessibles, concevant des vins d'un bon voire d'un excellent rapport qualité prix, et surtout des vins d'une grande variété... En fait, le problème du vin, d'un certain vin, c'est qu'il a, pardon, un balai dans le cul.
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